Jeudi soir comme prévu nous sommes allées au rendez-vous chez la psychiatre de l’établissement. Après nous avoir demandé si nous en voulions à tout le personnel, nous avons juste eu le temps de répondre « non, mais seulement à certaines personnes ». Elle a alors élevé la voix en disant « c’est seulement pour ces personnes que vous…. » On n’a pas pu entendre la suite, car effectivement le jugement de la psy était déjà fondé et maman a préféré partir du bureau pour promener mon frère plutôt que de se heurter à un personnage ne la laissant pas s’exprimer comme il le devrait, par contre elle lui a bien précisé en quittant la pièce qu’elle lui laissait sur le bureau tous les courriers adressés à la direction restés pour certains sans réponse, ainsi qu’une lettre personnelle lui étant adressée puisqu’elle ne pouvait s’expliquer. Mais moi je suis restée, la psy n’avait pas l’air de vouloir discuter, mais moi si !
Evidement, juger une personne en quelques minutes est facile, ne pas lui laisser l’opportunité de parler l’est aussi, ne lui poser que deux questions pour la juger l’est encore plus.
« Non madame ! ce ne sont pas pour seulement quelques personnes que nous avons construit ce blog et que nous parlons tout haut, mais pour tous ces témoignages figurant sur ce blog, tout ce qui se passe et qui est calfeutré pour que personne ne sache, pour les blessures de mon frère, pour le coma des autres, pour le manque de surveillance médicale la nuit, pour le manque de responsabilité de certains éducateurs en pleine journée, pour les médicaments inter changés et leur conséquences, pour le personnel qui doit travailler dans des conditions inacceptables, pour le personnel non qualifié, pour tous les doutes qu’ont les parents sur la question « où va l’argent ? », pour la diminution excessive des frais de personnel, pour les menaces par téléphone, pour des accusations non fondées sur les blessures de mon frère, pour les pressions à l’encontre de ma mère, et votre mission personnelle : la déstabiliser, la faire s’effondrer pour la faire passer pour folle, afin de lui faire retirer l’autorité parentale ; pour la nourriture infâme donnée aux résidents, pour la disparition du linge des résidents, pour le médecin qui les frappe, pour le manque de communication entre les parents et la direction et pour le manque de civisme et d’honnêteté de la direction envers nous.
Tout cela vous suffit-il madame pour que nous puissions réagir ainsi, après avoir essayé maintes fois de se faire entendre, en vain, par la direction ? »
On ne peut juger quelqu’un en seulement 5 minutes, elle a vu maman déshabiller (le pull et le tee shirt seulement) mon frère pour que l’encadrante concernée qui l’avait accusé de l’avoir blessé (alors que les bleus sur son bras correspondaient à une prise de sang ratée faite dans l’établissement qui datait de 4 jours), puisse vérifier avant notre départ et après notre retour que le corps de mon frère ne presentait aucune blessure, elle a donc été mise dans une situation bien précise pour constater une attitude bien précisée à l’avance par maman.
Pour la psy c’est une aberration, pour maman c’est protéger son fils et éviter qu’on l’accuse encore d’avoir blessé son enfant. Au pire des cas mon frère va râler un peu et ce sera fini, il ne souffre pas de ça, il ne faut pas exagérer, ça fait quand même 25 ans que maman s’occupe de mon frère, elle a donc l’habitude de l’habiller et de le déshabiller.
En « discutant » avec la psy (si nous pouvons appeler cela discuter puisque je me confrontais à un monologue sur pattes gesticulant, telle est ma description de ces agissements, de ses membres supérieurs agités de droite à gauche et de bas en haut et surtout de son énervement face à mes questions) j’ai enfin compris pourquoi nous n’avions plus le droit d’aller sur l’unité de mon frère : « c’est seulement parce que votre mère a déshabillé votre frère » elle a ajouté que cette interdiction d’approcher l’unité était faite par écrit à sa demande à la direction, parce que selon elle, mon frère était en souffrance quand maman le déshabillait.
D’autre part elle a affirmé que mon frère se ventilait à l’arrivée de maman parce qu’il avait peur d’elle.
Petit rappel : mon frère lorsqu’il se ventile cela peut être pour plusieurs raisons : il s’énerve, a faim, est fatigué, a soif, est content (fait la fête) mais n’a sûrement pas peur de maman comme la psychiatre l’a analysé à tort. Mon frère faisait la fête à maman, parce qu’il était content de voir maman et d’aller se promener.
Non ! Mon frère n’a absolument pas peur de maman ! Comment peut-on tenir des propos pareils ?
Maintenant, cela fait plusieurs fois, (non seulement une éducatrice, mais aussi de la psy) qu’on s’entête à nous persuader de le changer d’établissement si nous n’en sommes pas contentes, ou bien de le garder à la maison.
Pourquoi le changer puisque maintenant que l’on y fait attention Seb n’est plus blessé, n’est pas complètement shooté comme nous l’avons déjà récupéré, n’a plus de crises de manque du samedi matin.
Vous m’avez dit madame, que vous aviez juré sur le serment d’Hippocrate et de vous occuper convenablement des êtres humains ! En lisant attentivement le serment d’Hippocrate, le Serment de l'Ordre des médecins et les Devoirs généraux des médecins, il me semble que vous avez omis certains articles.
1er RAPPEL
Devoirs généraux des médecins
Le médecin doit respecter le droit que possède toute personne de choisir librement son médecin. Il doit lui faciliter l'exercice de ce droit (vous avez convoqué directement ma mère après avoir décidé de l’empêcher d’aller sur l’unité).
Le médecin doit écouter, examiner, conseiller ou soigner avec la même conscience toutes les personnes quels que soient leur origine, leurs moeurs et leur situation de famille, leur appartenance ou leur non appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments qu'il peut éprouver à leur égard (vous aviez déjà une idée toute faite concernant l’attitude de ma mère).
Il ne doit jamais se départir d'une attitude correcte et attentive envers la personne examinée (vous étiez en colère, agitée,et vous vous énerviez en gesticulant ; et vous n’étiez absolument pas attentive ni à l’écoute de la personne que vous aviez en face de vous).
Article 34 (article R.4127-34 du code de la santé publique)
Le médecin doit formuler ses prescriptions avec toute la clarté indispensable, veiller compréhension par le patient et son entourage et s'efforcer d'en obtenir la bonne exécution (l’interdiction de rentrer dans l’unité de mon frère a été décidée sans en avoir parlé avant avec ma mère).
Article 42 (article R.4127-42 du code de la santé publique)
Un médecin appelé à donner des soins à un mineur ou à un majeur protégé doit s'efforcer de prévenir ses parents ou son représentant légal et d'obtenir leur consentement. (personne n’a demandé le consentement de maman avant de fermer la porte de la chambre de mon frère à clef ni le fait de l’empêcher d’entrer sur l’unité)
2ème RAPPEL
Serment de l'Ordre des médecins
Jurez-vous d'observer en toutes circonstances les règles de l'Honneur Médical, de subordonner vos intérêts particuliers à l'intérêt du malade dont vous avez la charge et aux intérêts de la Santé Publique ?
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leur conviction. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l'humanité.
J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n'exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences.
Admis dans l'intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l'intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les moeurs.
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Je n’ai absolument pas compris le pourquoi de la présence de l’infirmière à moins de faire une piqûre à maman pour qu’elle se calme.
Mais maman était très calme, ce n’est pas elle qui s’est énervée.
C’est la première fois que j’approche une psychiatre, je ne savais pas que la procédure de prise en charge du patient était de crier dessus sans le laisser s’exprimer.
Je vous assure qu’à votre attitude, même si un jour j’en avais besoin, je n’aurais absolument pas envie de me faire soigner par un psy.
J.V : "Monsieur Y., de la MAS André BERGE, a pris un peu de poids depuis quelque temps.
Il aurait besoin de manger plus léger".
V.H : "Mais Monsieur Y. doit prendre ses repas mixés".
J.V. : "Il faut donc faire bénéficier Monsieur Y. de repas hypocaloriques mixés".
V.H. : "Le C.A. T. de l'association Les Amis de l'Atelier n'est pas en mesure de ne fournir qu'un seul repas hypocalorique mixé pour l'établissement. Il est nécessaire de les commander en plus grande quantité".
J.V. : " Alors là, mon ami, nous sommes en pleine science-fiction. Nous en reparlerons dans quelques années".