chez ces gens là,
on cache derrière des professions de foi dégoulinantes de bons
sentiments,derrière des publications où les portraits d'handicapés radieux
côtoient des "témoignages" de salariés ravis, une triste réalité faite de
maltraitance,et d'indifférence au sort fait aux handicapés mentaux que la
société leur a confié et qui finance leur prise en charge.
chez ces gens là,
point n'est besoin d'une compétence dans le domaine du handicap pour se
voir confier par l'administration avec laquelle on s'acoquine, des
établissements ,( leurs murs, terrains, et comptes courants), créés par des
gens qui, eux, savaient fort bien en quoi consiste la prise en charge des
personnes qui y résident.Seule compte "la capacité de gestion" de la-dite
organisation bénéficiaire des largesses de l'administration.
chez ces gens là,
Une formation d'agronome suffit à devenir directeur d'association, ou
quelques années passées dans la chimie, directeur d'établissement, voire
aucune formation, permettra d'être directrice de MAS, quand bien même vous
ne parvenez pas à franchir l'étape d'entrée en formation à plusieurs
reprises.Que l'agronome érige une conviction qui lui est intime,( car
certainement liée à sa propre histoire), en principe immédiatement
applicable aux personnes autistes ne choque personne. (Que penserait-on si
un psychiatre se mêlait d'agronomie?).
chez ces gens là,
on bafoue sans état d'âme, et avec la complicité de l'administration, le
principe républicain de laîcité.On s'approprie des établissements créés par
des associations laîques, pour lesquelles le soin ne peut, en aucun cas,
être mêlé à la religion qu'elle qu'elle soit, pour en faire des lieux où les
"responsables" mènent des méditations bibliques, et où les résidents sont
incités à des écrits orientés.
chez ces gens là,
l'important, ce n'est pas la qualité de la prise en charge des handicapés
qui importe, ni leur sécurité, ni même leur bien être.Ce qui importe, c'est
de respecter le marché passé avec l'administration: "nous vous attribuons
cet établissement, à condition que vous en réduisiez le coût".La même
administration fermera les yeux sur les conséquences qu'elle sait
catastrophiques de ce deal,soutenant même son poulain lorsqu'une famille ou
deux rechignent à voir leur enfant maltraité.Elle n'hésitera pas, alors à
menacer ces familles de rompre la prise en charge, voire de lui retirer la
tutelle...
chez ces gens là,
l'argent est plus important que tout. Tout est bon pour réduire les coûts,
mais aussi pour faire tourner l'entreprise: pourquoi conserver des cuisines
alors que l'organisation dispose d'un établissement où les "repas" sont
préparés par des handicapés, et peuvent être revendus dans les autres
établissements de l'organisation? La qualité? peu importe!l'équilibre
diététique? désolés, la diététicienne a été licenciée.Bien sur, des
personnes protestent, font appel aux services vétérinaires, le CHSCT fait
pression...mais M.HURPY (celui qu'on voit sur les photos avec le préfet,
généralement pour fêter la captation d'un enième établissement), dit ne pas
être au courant de ce problème...tout le monde est persuadé qu'il dit vrai,
et que ,du coup, les choses vont rapidement changer.....je plaisante!
dans le même ordre d'idée, la programation des réductions d'infirmiers, de
psychiatre, de kinésithérapeutes, d'orthophonistes, de psychologues,
d'éducateurs-spécialisés ou de veilleurs, bien qu'ayant entrainé des
conséquences graves dont tout le monde a connaissance (DDASS, Préfet, IGAS,
Ministère, Procureurs de plusieurs départements), est toujours
d'actualité.Surement que si M. HURPY est mis au courant, cela va rapidement
changer!
chez ces gens là,
on vit au 19° siècle, celui où les handicapés mentaux étaient enfermés dans
les asiles d'où rien ne devait transpirer, où tout était organisé en circuit
fermé (souvent, d'ailleurs par des congrégations religieuses), et où les
"pouvoirs publics" y trouvaient leur compte:silence, bas-coût,exclusion d'un
débat qui pourrait faire évoluer les choses.
le choix actuel d'une organisation d'obédience mennonite par
l'administration n'est certainement pas de l'ordre du hasard....
chez ces gens là,
on pratique le mensonge, la pression sur toute personne jugée comme gênant
les intérets de l'organisation,la menace, la diffamation, le dénigrement, le
chantage. On s'entend avec le "complice" administratif pour tenter de faire
taire toute personne ou famille qui dénonce ce qui se passe, et si celà
n'aboutit pas, on exclue enfant (et donc famille) de l'établissement où il
était pourtant admis sur avis de la CDES ou de la COTOREP.
Le progrès est en marche! reste à savoir dans quel sens on regarde.
PS il faudrait que "ces gens là" (l'organisation des amis de l'atelier, les
DDASS, les préfets concernés) parviennent à comprendre que l'argent en jeu
n'est pas le leur.
Dr jean-Luc RICQ, médecin-psychiatre Chef de service des établissements de 1978 à 2006